Ce fut d'abord un brouhaha, lointain, presque inaccessible: d'abord passer les guichets où est délivré le précieux sésame, puis subir la fouille, interminable et enrageante, pénétrer dans les entrailles du monstre, monter les marches trois à trois pour enfin déboucher sur l'arène, majestueuse, bruyante, illuminée. Immédiatement, cette grande tribune agitée attire mon regard: le Kop de Boulogne, celui qui suscite amour, haine, passion; il me fascine. Sur sa droite se détache un nom, inscrit en blanc sur fond rouge et bleu : Boulogne Boys. Voyage au coeur du groupe le plus médiatisé de la tribune Boulogne...
Tout débute en 1970, lorsque le Paris S.G. naît grâce à la volonté de quelques personnes déterminées. Le nouveau club de la capitale aux ambitions les plus folles évoluera dans un stade à la dimension de ses rêves, le bien-nommé Parc des Princes. Des tarifs préférentiels sont alors proposés dans des tribunes populaires, Auteuil et surtout Boulogne, où se développera l'unique véritable foyer de supporters parisiens pendant de longues années. Souvent turbulents, mais toujours fidèles malgré les déconvenues, ils seront à l'origine d'une nouvelle race de supporters en France, calquée sur les modèles anglais et italien. Les fumigènes et les torches font leur apparition, entourés de drapeaux et d'écharpes aux couleurs de la ville de Paris.
Logiquement, le premier groupe Supporter de France naît en décembre 1985 sous l'impulsion de “Dieu” qui mérite à ce titre notre respect (si les Marseillais savaient lire, ils consulteraient le Journal Officiel pour s'en rendre compte par eux-mêmes). Les Boulogne Boys officialisent ainsi plusieurs mois d'activités au sein de la tribune, marquée notamment par l'apparition de la sempiternelle voile “SNCF ” lors de la finale de la Coupe de France en juin 1985.